Roue arrière et sortie du LBD (Lanceur de Balles de Défense). Une nouvelle doctrine (en roue libre ?) pour la police municipale ?

, par La Rédac’

Un article de Mediapart relate les comportements dangereux, inappropriés, que le code de la route réprime, d’agents motorisés de la police municipale : des roues arrières répétées lors de missions de « sécurisation ». Outre les videos que révèle Mediapart, le blog de Saint-Denis avait recueilli un témoignage relatant les mêmes faits, le 2 juillet dernier, et signalés à la municipalité. La même équipe ?

« Alors que de nombreux piétons se rendaient au concert et circulaient à proximité immédiate des motos, dans une zone où la circulation était réglementée et sécurisée par des barrières, j’ai vu ces cinq policiers municipaux, affectés à un dispositif de sécurisation, remonter régulièrement sur leurs motos, démarrer, effectuer des roues arrière, revenir se replacer, puis recommencer quelques minutes plus tard », témoigne-t-il.

« Surpris » par ce comportement qu’il juge « particulièrement dangereux », Wilfrid ne pense pas tout de suite à sortir son téléphone. Ce n’est qu’après avoir « déjà observé plusieurs de ces manœuvres » qu’il commence à filmer discrètement, car il n’est pas sûr d’en avoir le droit. 

Ces quelques lignes sont extraites de l’article de la journaliste de Médiapart, Camille Polloni, publié le 30 juillet. Elle relate le témoignage d’un chauffeur de car, auteur d’une d’une video, où l’on voit plusieurs policiers municipaux, membres du GIR (Groupe d’Intervention Rapide) réaliser des roues arrières sur leurs motos, lors d’une mission de sécurisation à l’occasion du concert du chanteur The Weeknd au Stade France.

Nous sommes le 11 juillet dernier. Ce témoignage documenté par une video n’est pas pour nous surprendre. En effet, il ne s’agit pas d’un fait isolé.

Un équipage (le même ?) en roue libre ?

Quelques jours auparavant, le 2 juillet, les mêmes comportements de la part d’agents de la police municipale de Saint-Denis ont été observés avenue du président Wilson en direction de Paris à la hauteur du Centre aquatique olympique,

Des faits qui nous ont été rapportés par un témoin : « Hier, jeudi 2 juillet, entre 17h 30 et 17h40, un équipage de la PM, 3 agents du GIR remontent l’avenue du président Wilson à fond les manettes au niveau de la piscine olympique et sous face de la A86 (buvette des supporters) en direction de Paris dont 2 en roue arrière sous le regard stupéfait de nombreuses personnes dont des étrangers (britanniques) circulant aux abords du SDF pour le concert. ». Des faits signalés à la municipalité le lendemain par écrit.

Mediapart fait état toujours dans l’article de Camille Polloni, d’une video tournée le même jour, le 2 juillet, rue Auguste Poullain, à quelques mètres de l’hôtel de police municipale, rue Jean Mermoz, d’un équipage de trois agents de la police municipale dont l’un réalise, là aussi, une roue arrière.

Copie d’écran de la video publiée par Mediapart. Rue Auguste Poullain le 2 juillet 2026.

Suite à ces révélations, la municipalité a indiqué à Mediapart qu’« À la vue de ces éléments, le maire a demandé à ce qu’une enquête administrative soit diligentée afin de déterminer précisément quels agents sont en cause afin qu’une sanction disciplinaire soit retenue à leur encontre ».

Est-ce le même équipage de trois agents, en cause avenue du président Wilson et rue Auguste Poullain ? L’enquête administrative devrait pouvoir y répondre, divers moyens permettant de retracer les interventions (instructions, procès verbaux, Centre de Supervision urbain…).

LBD de sortie ou pas de LBD ?

Sur ce point comme sur d’autres, on comprend la nécessité d’une autre doctrine tant dans les interventions que dans le comportement.

Un constat d’entorses (?) à la nouvelle doctrine affichée par la municipalité interroge.

Le 21 juillet dernier. Pont du canal, à 18h09. Un agent de la police municipale porte un LBD en bandoulière.

Les lanceurs de balles de défense sont bien présents dans l’espace public. Un agent en tenait un, en bandoulière, le 21 juillet, lors d’une intervention de la police municipale à la gare pour déloger des vendeurs à la sauvette, 30 minutes avant le début de la réunion publique qui s’est tenue sur le parvis.

Alors ?

PS : Nous révélions qu’une enquête administrative avait été lancée en avril dernier s’agissant de la consommation d’alcool au sein du service. D’autres faits avaient aussi été évoqués et avaient donné lieu à une réponse de la direction de la police municipale à nos questions. On peut retrouver cet article ici.

Précision : Le titre de notre article a pu laisser penser dans la juxtaposition des deux sujets (roue arrière et LBD) qu’ils "relevaient" d’une nouvelle doctrine portée par la municipalité. Il n’en est rien bien sûr. Les roues arrière à laquelle se livrent des agents de la police municipale sont à la fois des délits routiers et des entorses à la déontologie ou à tout le moins à l’exemplarité des comportements que se doit d’adopter la police municipale.
Le recours aux lanceurs de balles de défense (LBD), dépend bien en revanche de ce qui est présenté comme une nouvelle doctrine. Ils doivent "rester à l’intérieur des véhicules" selon celle-ci. Force est de constater que cette nouvelle doctrine est sujette à interprétation. Outre le cliché publié, à une autre occasion, nous avons pu constater que le recours au LBD se poursuivait, celui-ci étant pointé sur un groupe de personnes lors d’une intervention.