Yves Laverne, une vie de combat, toujours debout du côté des plus faibles, des exclus. Les obsèques ont lieu le lundi 3 août (voir en fin d’article)

, par Michel Ribay

Yves Laverne, un temps prêtre, puis ouvrier, syndicaliste, élu dionysien, militant politique, associatif nous a quitté lundi 20 juillet. Âgé de 93 ans il fut un combattant de bien des causes, même toutes ces dernières années, toujours debout du côté des plus faibles, des exclus, de « ceux qui font les petits pains » plutôt que du côté de « ceux qui les mangent ».

J’ai connu, rencontré Yves Laverne au moment où celui-ci s’est investi avec d’autres militants associatifs en soutien à l’accompagnement de familles Roms sur le terrain dit Voltaire, route de la Courneuve, à Saint-Denis. J’étais à ce moment là adjoint au maire en charge du quartier Cosmonautes, celui-ci jouxtant la parcelle mise à disposition par l’Etat pour ce projet concernant une cinquantaine de familles. Un travail au long cours qui s’est achevé près de 10 ans après l’expulsion, en 2010, de ce qui fut l’un des plus anciens camps de Roms de Seine-Saint-Denis, établi depuis 2001 sous l’A86 sur un terrain de la direction des autoroutes d’Ile-de-France : le camp du Hanul.

Un projet d’installation qui n’avait pas manqué de susciter à la fois une forte opposition de riverains mais aussi et surtout une importante mobilisation des forces militantes du territoire, de nombreux bénévoles, de savoirs-faire (Julien Beller, du 6B, mettant, avec d’autres, ses compétences d’architecte, de « bâtisseur d’habitat d’urgence » au service du projet).

Une confrontation qui s’était, entre-autres, exprimée sur le parvis de l’hôtel de ville. Un article du Journal de Saint-Denis en rendait compte dans son numéro 910 daté du 4 au 10 avril 2012 ou « Pro et anti » Roms » s’étaient retrouvés un soir de conseil municipal, le 29 mars.

Yves Laverne, au centre. Photo prise lors d’une réunion de l’association Yallah, dont Yves était membre, en solidarité avec les réfugiés palestiniens du camp de Rafah.

Yves Laverne était en première ligne comme soutien du projet. Je le croisais de temps en temps ces dernières années. J’ai appris, avec tristesse, que suite à la disparition des arrêts de bus en centre-ville, Yves Laverne, se sentant fragilisé dans ses possibilités de déplacements, avait rejoint un établissement pour personnes âgées.

Son calme, sa gentillesse, l’attention qu’il portait à son entourage étaient à l’égal de la fermeté qu’il mettait à défendre ses convictions. Respect.

Mes sincères condoléances à sa famille, ses proches, à Jérôme, un de ses fils, mon voisin.

PS : Impossible de rendre compte ici d’une vie si riche au service des plus pauvres. Beaucoup de documents rendent compte de l’activité militante d’Yves Laverne au fil des années. ils ont été déposés au service des Archives municipales ainsi qu’à celles du département de la Seine-Saint-Denis. Sont téléchargeables ci-dessous quelques éléments, l’article du JSD, un article issu de la revue du secteur des études locales de Saint-Denis, Saint-Denis, au fur et à mesure consacré au projet d’accès au logement des familles Roms.

Le lien vers le fond Yves Laverne aux Archives municipales.

Les obsèques se tiendront lundi 3 août 2026 à Saint-Denis :
A 10h, vous pourrez lui faire un dernier au revoir à la chambre funéraire de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis. L’inhumation aura lieu au cimetière de Saint-Denis à 11h00 et sera suivi d’une collation.
Ses fils, Thomas et Jérôme Laverne
Dans la mesure du possible, merci de prévenir de votre présence.

Hôpital Delafontaine
Accès parking 2 rue du Docteur Delafontaine 93200 Saint-Denis
Accès piéton Avenue du Docteur Lamaze

Cimetière de Saint-Denis
29 boulevard de la Commune de Paris 93200 Saint-Denis