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	<title>Le Blog de Saint-Denis</title>
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		<title>Le Blog de Saint-Denis</title>
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		<title>Projection gratuite le 18 mars &#224; 19h au caf&#233; &#034;A l'Asso&#034; 4 all&#233;e de l'&#206;le-de-France dans le quartier SFC en pr&#233;sence de la r&#233;alisatrice. &#171; &#199;a fait quarante ans qu'on habille le peuple &#187;. &#034;Faire place&#034;, un film sur le d&#233;placement du march&#233; de la place Jean-Jaur&#232;s. Entretien avec la r&#233;alisatrice, Flore de Corbier.</title>
		<link>https://mail.blogsaintdenis.fr/actualites/article/ca-fait-quarante-ans-qu-on-habille-le-peuple-faire-place-un-film-sur-le-deplacement-du-marche-de-la-place-jean-jaures</link>
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		<dc:date>2026-03-18T11:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Ribay</dc:creator>


		<dc:subject>Commerce</dc:subject>
		<dc:subject>Urbanisme</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>info Saint-Denis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons interrog&#233; Flore de Corbier, r&#233;alisatrice du film &#171; Faire Place &#187; qui rend compte du d&#233;placement du march&#233; de la place Jean-Jaur&#232;s. Il avait fait salle pleine, lors de sa projection en avant-premi&#232;re, le 15 janvier dernier &#224; L'Ecran. Il est &#224; nouveau programm&#233; samedi 28 f&#233;vrier &#224; 15h30 &#224; Pierrefitte et le lundi 2 mars &#224; 19h &#224; Paris. A ne pas rater. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; Saint-Denis (93), le march&#233; est depuis toujours le c&#339;ur battant de la ville. Grand march&#233; populaire, ici chacun&#183;e fait sa place, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/info-saint-denis" rel="tag"&gt;info Saint-Denis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mail.blogsaintdenis.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/capture_d_e_cran_2026-02-22_a_08.14_10-2a2da.png?1771750054' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons interrog&#233; Flore de Corbier, r&#233;alisatrice du film &#171; Faire Place &#187; qui rend compte du d&#233;placement du march&#233; de la place Jean-Jaur&#232;s. Il avait fait salle pleine, lors de sa projection en avant-premi&#232;re, le 15 janvier dernier &#224; L'Ecran. Il est &#224; nouveau programm&#233; samedi 28 f&#233;vrier &#224; 15h30 &#224; Pierrefitte et le lundi 2 mars &#224; 19h &#224; Paris. A ne pas rater.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Saint-Denis (93), le march&#233; est depuis toujours le c&#339;ur battant de la ville. Grand march&#233; populaire, ici chacun&#183;e fait sa place, qu'importe son parcours, pour assurer son avenir et celui de sa famille. &#192; l'&#233;t&#233; 2022, la division du march&#233; est act&#233;e par la municipalit&#233;. D'un c&#244;t&#233; la halle et son pourtour, de l'autre le march&#233; ext&#233;rieur situ&#233; Place Jean-Jaur&#232;s va &#234;tre d&#233;plac&#233; place du 8 mai 1945. Ce changement inqui&#232;te, mobilise et divise les marchand&#183;es qui cherchent leur place dans les transformations de la ville &#224; l'approche des Jeux Olympiques 2024. C'est cela que &#171; Faire Place &#187; nous raconte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu arrives &#224; Saint-Denis &#224; un moment tr&#232;s particulier, lors du premier confinement au moment du Covid. Tu arrives ici et tu connais en premier l'enfermement ? Quels en sont tes souvenirs et comment cela a-t-il marqu&#233; ton rapport &#224; la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Flore de Corbier &#8211;&lt;/strong&gt; Je suis effectivement arriv&#233;e &#224; Saint-Denis pendant le premier confinement. J'&#233;tais un peu &#034;perdue&#034; dans la vie &#224; ce moment-l&#224; et j'ai &#233;t&#233; accueillie chez des amis vers Saint-Ouen, &#224; la fronti&#232;re avec Saint-Denis. J'avais 22 ans. J'ai vraiment d&#233;couvert la ville dans cette p&#233;riode tr&#232;s bizarre, empreinte &#224; la fois de grosses solitudes et de beaucoup de liens et de solidarit&#233;. Je me souviens qu'il y avait &#233;norm&#233;ment de pr&#233;sence polici&#232;re et de contr&#244;les notamment &#224; la gare mais il y avait aussi des espaces de respiration comme le canal o&#249; c'&#233;tait possible de souffler. &lt;br class='autobr' /&gt;
On &#233;tait tous entass&#233;s dans des appartements donc d&#232;s que possible les gens sortaient, sinon c'&#233;tait intenable. .Je me souviens des distributions alimentaires aussi, et des choses mises en place un peu spontan&#233;ment par les habitants en plus des dispositifs &#034;plus institutionnels&#034; comme ceux de La Croix Rouge auxquels j'ai particip&#233;. Donc finalement, aussi &#233;trange que &#231;a puisse para&#238;tre, ce moment a g&#233;n&#233;r&#233; des rencontres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme j'avais absolument besoin d'argent, je me suis aussi retrouv&#233;e &#224; chercher du travail pendant le Covid, ce qui &#233;tait vraiment le pire moment. J'ai fini par trouver dans une &#034;&#233;picerie bio&#034; de Saint-Ouen qui vendait aussi au march&#233; de Saint-Denis. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait le d&#233;but de l'aventure avec le march&#233;, derri&#232;re un stand, pendant le Covid... et c'est aussi l&#224; que j'ai compris que je n'allais plus bouger. Je me suis attach&#233;e au march&#233;, &#224; la ville, je me suis fait des amis pr&#233;cieux. Ensuite j'ai fait un passage assez rapide par Paris 8, j'ai commenc&#233; &#224; travailler dans des associations, des &#233;coles... Je me suis install&#233;e pour de bon. Et puis l'id&#233;e de filmer le march&#233; a vite germ&#233; dans ma t&#234;te et m'a amen&#233; &#224; me former au cin&#233;ma documentaire et &#224; commencer &#224; filmer &#034;la place&#034;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On dirait que tu t'es fondue dans l'histoire de cette ville populaire, que tu as &#233;pous&#233; d'embl&#233;e diverses formes de r&#233;sistances, ton investissement aupr&#232;s de familles Roms expuls&#233;es des quais de Seine, nos &#233;changes suite &#224; une intervention de la police municipale &#224; la Maltourn&#233;e, ton travail sur le march&#233; puis ce film&#8230; puis ton travail aujourd'hui d'&#233;ducatrice de rue c'est aussi une plong&#233;e au plus pr&#232;s de ce qu'est Saint-Denis, une vieille cit&#233; o&#249; la jeunesse domine &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;F. d. C. &#8211; &lt;/strong&gt; Je ne sais pas quoi ajouter &#224; cette phrase qui n'est pas une question (rires) mais je crois que &#231;a fait partie de ma mani&#232;re d'habiter quelque part et puis c'est aussi li&#233; aux rencontres et aux espaces que j'ai connus d&#232;s mon arriv&#233;e ici. Un m&#233;lange de hasard et d'envie je crois, aussi pour essayer de participer comme je pouvais aux &#233;lans de solidarit&#233; dont est beaucoup empreinte la ville et aux difficult&#233;s auxquelles elle fait face. Il y a des figures d'engagement ici, y compris des gens &#034;de l'ombre&#034; qui n'ont m&#234;me pas conscience de leur force, alors &#231;a donne envie de soutenir. Je crois que tout est connect&#233;. Travailler aupr&#232;s des familles et des jeunes c'est une source de force et d'inspiration permanente et c'est la seule chose que je sais faire, avec le cin&#233;ma documentaire que je ne s&#233;pare de toute fa&#231;on jamais de sa fonction d'outil. C'est un outil de discussions, de r&#233;flexions, de transmissions, de lutte, d'archives... m&#234;me si je m&#233;lange pas forc&#233;ment ma vie professionnelle et le reste de mes engagements, mes films.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mail.blogsaintdenis.fr/IMG/png/chantal.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://mail.blogsaintdenis.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/chantal-3e936.png?1771754324' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2727 '&gt;&lt;strong&gt;Chantal : &#171; &#199;a fait quarante ans qu'on habille le peuple &#187;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment t'es venu l'id&#233;e de faire ce documentaire qui raconte l'histoire d'un d&#233;placement, le r&#233;cit de la disparition du march&#233; place Jean-Jaur&#232;s&lt;/strong&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;F. d. C. &#8211; &lt;/strong&gt; Apr&#232;s avoir travaill&#233; pendant un an sur la Place Jean Jaur&#232;s, j'avais vraiment envie de trouver une mani&#232;re de rendre hommage au march&#233;. D&#233;j&#224; parce que les march&#233;s repr&#233;sentent beaucoup pour moi : j'ai grandi avec un march&#233; populaire en banlieue de Poitiers o&#249; ma maman connaissait tous les commer&#231;ants et j'ai des souvenirs assez lumineux l&#224; bas. Ensuite parce que j'ai tr&#232;s vite compris l'importance du march&#233; ici. Son importance de fr&#233;quence et de taille bien s&#251;r, mais aussi son importance symbolique. Il permet de se nourrir, s'habiller, faire des cadeaux, d&#233;corer la maison, bricoler etc pour tout le monde et &#224; bas co&#251;t, ce qui est essentiel. C'est aussi un endroit de sociabilit&#233;, o&#249; on se donne rendez-vous, o&#249; on croise les voisins, la famille, les amis... Je ne connais pas une famille qui ne va pas au march&#233;. Le march&#233; rythme un peu la vie des gens, on y est tra&#238;n&#233; par les parents quand on est petits et puis les habitudes se transmettent m&#234;me si - et c'est un des sujets du film - &#233;videmment avec les grosses surfaces comme Carrefour et internet le march&#233; est devenu moins essentiel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'emp&#234;che qu'&#224; Saint-Denis, et particuli&#232;rement quand le march&#233; &#233;tait Place Jean Jaur&#232;s, le c&#339;ur battant de la ville c'est mardi, vendredi, dimanche, qu'il fasse soleil, pluie ou neige. Et puis &#233;videmment c'est au fil des rencontres et des discussions - qui ont lieu souvent tr&#232;s t&#244;t avant l'arriv&#233;e des clients - que j'ai vraiment nourri le projet du film. Plus je rencontrais les &#034;travailleurs du march&#233;&#034; , plus je consolidais ce d&#233;sir de faire un film avec eux. Je trouvais que leurs parcours et leurs r&#233;cits en disaient long sur le rapport &#224; leur travail mais aussi sur Saint-Denis et plus largement sur des r&#233;alit&#233;s pr&#233;sentes dans les villes et les quartiers dits &#034;populaires&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc j'avais d&#233;j&#224; envie de filmer le march&#233; &#224; la fin de ma p&#233;riode de travail l&#224;-bas mais je pensais pouvoir prendre le temps pour me former avant de commencer &#224; filmer &#034;pour de bon&#034;. La rumeur du d&#233;placement est arriv&#233;e et a pr&#233;cipit&#233; mon d&#233;sir de film et le besoin de tourner en urgence. J'ai compris que j'allais devoir &#034;courir&#034; pour documenter &#224; la fois le travail au march&#233;, la place et sa &#034;disparition&#034;. Et &#233;videmment, c'est le processus du d&#233;placement qui est venu peu &#224; peu structurer les &#233;changes et donc le film. Finalement ce bouleversement a en quelque sorte concentr&#233; les sujets, les enjeux que je voulais aborder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment as-tu fait pour te faire accepter, te fondre si facilement dans cet univers qui est quand m&#234;me tr&#232;s masculin pour y tourner ce film ? Tu avais d&#233;j&#224; un pied dans le march&#233; en y travaillant mais quand m&#234;me &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;F. d. C. &#8211; &lt;/strong&gt; Le fait d'avoir travaill&#233; au march&#233; a beaucoup aid&#233;, c'est s&#251;r, parce que je crois qu'il y avait d&#233;j&#224; une forme de confiance. C'&#233;tait aussi plus &#233;vident pour moi parce que je connaissais le fonctionnement du march&#233; et les &#233;tapes du travail. Je suis &#233;norm&#233;ment all&#233;e au march&#233;, souvent avant l'arriv&#233;e des clients donc vers 5h ou 6h. J'ai bu beaucoup de caf&#233;s et de th&#233;s &#224; la menthe... &lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, quand j'ai commenc&#233; &#224; filmer, je me formais en m&#234;me temps et les commer&#231;ants &#233;taient tr&#232;s r&#233;ceptifs au fait que la place allait &#234;tre mon &#233;cole de documentaire en quelque sorte. Il y avait beaucoup de respect pour la notion d'apprentissage et l'envie mutuelle -en tous cas avec certaines personnes, qui sont dans le film- de tenter quelque chose sur cette place du march&#233;. J'avais aussi souvent la sensation d'une forme de reconnaissance des gens du march&#233; que quelqu'un s'int&#233;resse &#224; leur travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est vrai que c'est un univers assez masculin et per&#231;u comme tel mais - et j'ai aussi tenu &#224; le montrer dans le film - il y a pas mal de femmes finalement y compris des patronnes de stands. Et souvent, parce que femmes et parce que travaillant dans cet univers &#034;dur&#034; qu'est le march&#233;, ce sont des personnes tr&#232;s fortes, tr&#232;s dignes et qui ont beaucoup &#224; raconter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;75&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://mail.blogsaintdenis.fr/IMG/png/vote_mains_leve_es.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://mail.blogsaintdenis.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/vote_mains_leve_es-966dd.png?1771754324' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2728 '&gt;&lt;strong&gt;Vote &#224; mains lev&#233;es des commer&#231;ants pour la poursuite de la mobilisation.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est d&#233;roul&#233; le tournage ? Comment as-tu &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; mettre en avant certains personnages ? Tu les a choisis ou ils se sont impos&#233;s au fil de l'histoire, des s&#233;quences film&#233;es, du montage ? Tu me disais que le film s'est &#233;crit au montage&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;F. d. C. &#8211; &lt;/strong&gt; J'ai tourn&#233; de fin 2021 &#224; ao&#251;t 2024. D&#232;s le d&#233;but, je savais que je voulais faire un film avec plusieurs voix, un film &#034;puzzle&#034; et plein de vies, plein de voix, comme le march&#233;. Evidemment au fil du temps le lien avec certains se fait plus qu'avec d'autres ce qui a r&#233;duit le nombre de participants au fur et &#224; mesure. Le parti pris de filmer dans les stands, en cin&#233;ma direct avec une cam&#233;ra assez visible impliquait ce soin port&#233; au travail et aux clients, et la n&#233;cessit&#233; de d&#233;sir mutuel dans le tournage puisque les gens voyaient exactement quand je tournais ou quand ma cam&#233;ra &#233;tait pos&#233;e. Parfois on m'a demand&#233; d'arr&#234;ter de filmer, parfois les gens revenaient vers moi ensuite pour discuter, pour refaire. C'&#233;tait un petit d&#233;fi dans un endroit aussi dense qu'un march&#233; mais j'y tenais. Ce que je dis souvent c'est que m&#234;me si j'avais une id&#233;e assez pr&#233;cise du film, il s'est beaucoup &#233;crit au fil des tournages et puis bien s&#251;r au montage, j'en reparlerai. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un peu la magie du documentaire pour moi, cet espace dans lequel la r&#233;alit&#233; vient en permanence retravailler la mati&#232;re d'un objet film et les intentions de la personne qui porte la cam&#233;ra. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le film est donc assez peu bas&#233; sur de la mise en sc&#232;ne venant de moi - les commer&#231;ants se mettaient parfois eux-m&#234;me en sc&#232;ne, &#231;a fait aussi partie de leur travail et je trouvais cette libert&#233; de repr&#233;sentation int&#233;ressante - mais beaucoup sur des choix de moments strat&#233;giques, o&#249; &#234;tre avec eux sans d&#233;ranger leur travail, en connaissant le d&#233;roul&#233; type des march&#233;s et donc en allant chercher des &#233;l&#233;ments dont j'avais besoin pour le film. C'est aussi arriv&#233; une ou deux fois que j'organise un moment de rencontres, d'&#233;changes dont je savais qu'il serait int&#233;ressant &#224; la fois pour les gens que je filmais et pour le film lui-m&#234;me. Ces tournages sont rest&#233;s dans le montage final.&lt;br class='autobr' /&gt;
La difficult&#233; du film a &#233;t&#233; de maintenir des fils rouges coh&#233;rents l&#224; o&#249; le march&#233; est une porte d'entr&#233;e pour plein de sujets tous tr&#232;s int&#233;ressants. Par exemple, dans le film on voit assez peu les &#034;ouvriers&#034;, les &#034;petites mains&#034; qui sont en r&#233;alit&#233; en bas de la pyramide et sans qui le march&#233; s'&#233;croule. J'ai essay&#233; de garder ma ligne principale, celle qui s'int&#233;resse aux parcours de commer&#231;ants, &#224; la notion de transmission et aux cons&#233;quences des bouleversements en cours dans la ville, ce qui faisait d&#233;j&#224; pas mal de fils &#233;videment tous reli&#233;s les uns aux autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les trois ans de tournage, il y avait beaucoup d'heures film&#233;es donc le temps de montage a &#233;t&#233; assez cons&#233;quent. A ce moment-l&#224;, gr&#226;ce aux soutiens et aux aides dont j'ai b&#233;n&#233;fici&#233; au fil du temps - notamment avec Kevin Chaty qui a produit le film et qui a &#233;t&#233; un alli&#233; pr&#233;cieux - j'ai pu arr&#234;ter un peu de travailler &#224; c&#244;t&#233; pour me consacrer au film. L&#224; j'ai eu une autre alli&#233;e pr&#233;cieuse en la personne d'Anna Roussillon avec qui on a beaucoup travaill&#233; sur la construction du film entre le r&#233;cit chronologique - empreint des &#233;volutions en cours dans la ville, des luttes et des saisons - et les r&#233;cits plus personnels, la mani&#232;re dont chacune des personnes film&#233;es se raconte et se pense au milieu de tout &#231;a. Donc oui, de fait, le film s'est beaucoup construit au montage en testant diff&#233;rentes mani&#232;re de construire ce &#034;puzzle&#034; pour arriver &#224; la version finale de &#034;Faire Place&#034;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;As-tu aujourd'hui un autre projet ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;F. d. C. &#8211; &lt;/strong&gt; De projet de long m&#233;trage documentaire, pas pour l'instant non. D&#233;j&#224; parce que je n'ai plus envie de r&#233;aliser un film seule, ensuite parce que - comme je le disais plus haut - je consid&#232;re le cin&#233;ma documentaire comme un outil tr&#232;s utile dans une ville, une communaut&#233;, au travail.... Bon, je dis que j'ai r&#233;alis&#233; seule ce qui est vrai mais j'ai beaucoup &#233;t&#233; soutenue y compris par des gens du march&#233;, mes proches, mes camarades de formation, mes amis d'ici qui &#233;taient toujours partants pour venir m'&#233;pauler sur un tournage et que je profite pour remercier une nouvelle fois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais des films quand je ressens qu'il y a une forme de besoin de ce film et qu'il aura une forme de r&#233;sonance, qu'il pourra servir de support, d'archive... &lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime aussi bien quand &#231;a correspond &#224; une aventure collective. Donc cette envie reviendra s&#251;rement bient&#244;t mais pour l'instant je cherche aussi &#224; diffuser un maximum &#034;Faire Place&#034;, partout o&#249; il peut avoir sa place, ce qui prend aussi du temps et de l'energie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Faire Place&#034;, sera de nouveau projet&#233; &lt;strong&gt;le samedi 28 f&#233;vrier &#224; 15h30 &lt;/strong&gt; au Fauvettes City Club &#224; Saint-Denis-Pierrefitte (3, rue des Rougemont) et &lt;strong&gt;le lundi 2 mars &#224; 19h &lt;/strong&gt; &#224; la SCAM dans le 8&#232;me arrondissement (5, avenue Velasquez). &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ces deux projections sont gratuites. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Souvenirs d'enfants au temps de la guerre d'Alg&#233;rie. &#171; J'ai appris toute petite qu'il y avait du danger&#8230; Les ratonnades&#8230; les Alg&#233;riens emmen&#233;s dans les caves &#224; Saint-Denis &#8230; jusqu'&#224; les tuer&#8230;. &#187;</title>
		<link>https://mail.blogsaintdenis.fr/actualites/article/souvenirs-d-enfants-au-temps-de-la-guerre-d-algerie-j-ai-appris-toute-petite-qu-il-y-avait-du-danger-les-ratonnades-les</link>
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		<dc:date>2026-01-19T07:00:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Ribay</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>info Saint-Denis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 16 janvier 2026, salle Marie Chaix, salle du conseil municipal. A 18H35 il y a d&#233;j&#224; plus de 100 personnes pr&#233;sentes pour cette premi&#232;re initiative de la soci&#233;t&#233; d'histoire cr&#233;&#233; en 2025. Une assistance si nombreuse que les trav&#233;es r&#233;serv&#233;es au public lors des s&#233;ances du conseil sont occup&#233;es. Une r&#233;ussite qui en annonce d'autre. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour qui habite Saint-Denis depuis de nombreuses ann&#233;es, beaucoup de visages sont familiers. Beaucoup de personnes investies dans le milieu associatif, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/actualites/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/temoignage" rel="tag"&gt;T&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/info-saint-denis" rel="tag"&gt;info Saint-Denis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mail.blogsaintdenis.fr/local/cache-vignettes/L120xH150/gina_-110cb.jpg?1768806768' class='spip_logo spip_logo_right' width='120' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 16 janvier 2026, salle Marie Chaix, salle du conseil municipal. A 18H35 il y a d&#233;j&#224; plus de 100 personnes pr&#233;sentes pour cette premi&#232;re initiative de la soci&#233;t&#233; d'histoire cr&#233;&#233; en 2025. Une assistance si nombreuse que les trav&#233;es r&#233;serv&#233;es au public lors des s&#233;ances du conseil sont occup&#233;es. Une r&#233;ussite qui en annonce d'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour qui habite Saint-Denis depuis de nombreuses ann&#233;es, beaucoup de visages sont familiers. Beaucoup de personnes investies dans le milieu associatif, culturel ou politique. Une assembl&#233;e repr&#233;sentative de ce que Saint-Denis compte de personnes engag&#233;es, attach&#233;es &#224; la ville, qu'elle soit leur ville de naissance ou d'adoption, sur plusieurs g&#233;n&#233;rations pour d'autres. Une histoire d'attachement, de transmission dont il sera l&#224; aussi beaucoup question tout au long de la soir&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hormis quelques jeunes, l'assembl&#233;e &#233;tait compos&#233;e d'une g&#233;n&#233;ration en phase avec le th&#232;me de la soir&#233;e, une g&#233;n&#233;ration qui, sans &#234;tre &#224; Saint-Denis de 1954 &#224; 1962, pouvait dire : &#171; J'&#233;tais enfant lors de la guerre d'Alg&#233;rie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De ces ann&#233;es l&#224;, de ces ann&#233;es de guerre qualifi&#233;e &#171; d'&#233;v&#233;nements &#187;, de &#171; pacification &#187;, &#171; d'op&#233;rations de police &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; la qualification officielle de guerre d'Alg&#233;rie n'intervient qu'en 1999 &#8211; pour en masquer la nature profonde, celle d'une guerre coloniale, deux dionysiennes et un dionysien en ont &#233;t&#233; t&#233;moins. C'est de leur t&#233;moignage d'enfant, &#8211; de leurs souvenirs, de ce qui perdure dans leur m&#233;moire et a forg&#233; en partie leur identit&#233;, leurs valeurs &#8211; dont il a &#233;t&#233; question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;moignages de Nelly Angel et de Salah Khemissi, ont successivement &#233;t&#233; projet&#233;s puis questionn&#233;s, &#8211; celui de Claudie Gillot-Dumoutier (sur You tube) &#8211; t&#233;moignages recueillis par Fran&#231;oise Davisse, r&#233;alisatrice, et St&#233;phane Ragot, r&#233;alisateur qui ont &#233;t&#233; enrichis des interventions de l'historienne Sylvie Th&#233;nault, directrice au CNRS, sp&#233;cialiste de la colonisation et de la guerre d'ind&#233;pendance alg&#233;rienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvie Th&#233;nault a fait r&#233;f&#233;rence &#224; la une de &lt;i&gt;Paris Match,&lt;/i&gt; num&#233;ro 293, du 6 au 13 novembre 1954 avec une cartouche annon&#231;ant : &#171; La vague terroriste a franchi la fronti&#232;re de l'Alg&#233;rie &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une analyse de Fadila Yahou fond&#233;e sur les archives de &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; traite de la construction d'une m&#233;moire photographique (1954-1962) de la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/strong&gt; Elle est accessible &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/coma/5291&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nelly Angel, n&#233;e en 1948 &#224; Saint-Denis : &#171; J'ai appris toute petite qu'il y avait du danger&#8230; Les ratonnades&#8230; les Alg&#233;riens emmen&#233;s dans les caves &#224; Saint-Denis &#8230; jusqu'&#224; les tuer&#8230;. &#187;.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'oncle de Nelly, Henri part pour 27 mois en Alg&#233;rie (c'est la dur&#233;e de la conscription &#224; ce moment l&#224;). Eloign&#233; des premi&#232;res lignes &#224; cause d'une d&#233;ficience visuelle il est affect&#233; au service courrier. Il tombe n&#233;anmoins dans une embuscade, passe une nuit &#171; entour&#233; &#187; de ses camarades morts et s'en sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une p&#233;riode terrible &#187; pour Nelly chez qui sont cach&#233;s, prot&#233;g&#233;s, accueillis par son p&#232;re, permanent de la CGT, en charge de l'immigration, des membres du FNL.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;chirure pour elle qui voyait des jeunes partir, se faire tuer ou tuer des Alg&#233;riens. Tuer &#171; les copains &#187;, tuer ceux que sa famille accueillait &#171; une nuit ou deux nuits &#187;. Ceux qu'il fallait cacher, en particulier apr&#232;s le 17 octobre 1961. Une enfance au cours de laquelle, il faut apprendre &#224; se taire. Devenir &#171; une tombe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une enfance o&#249; brinquebal&#233;e sur les &#233;paules de son p&#232;re d&#232;s 4 ans,&lt;/strong&gt; elle &#171; participe &#187; au fil des ans aux collages, aux r&#233;unions syndicales, puis plus &#226;g&#233;e aux manifestations pour la paix en Alg&#233;rie, manifestations nombreuses &#224; Saint-Denis. Jusqu'aux appels dans les rues de Saint-Denis &#224; se rendre &#224; l'a&#233;roport du Bourget pour s'opposer &#224; l'arriv&#233;e &#233;ventuelle des parachutistes au moment du putsch des g&#233;n&#233;raux &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fin de conflit avec la peur qui domine, celle des bombes de l'OAS, des rafles. Puis le silence d'une communaut&#233; qui n'a qu'un seul souci, celui de l'int&#233;gration. Une fin de conflit entre chape de plomb et Trente glorieuses comme promesse de bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Salah Khemissi, n&#233; en 1953 &#224; Tourcoing : &#171; Voir son p&#232;re traqu&#233;, sa m&#232;re se jeter par terre, c'est une grande souffrance pour un enfant &#187;&#8230; &#171; Apr&#232;s, tu en fait une arme &#8230; &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui arrive &#8211; la vitesse d'abord avec laquelle les soldats d&#233;foncent les portes et armes au poing entrent dans les maisons, si basses, si sombres, le temps pour les yeux de s'habituer et de ne trouver au fond des pi&#232;ces que quelques femmes et des vieillards, parfois des enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas un homme valide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les soldats envahissent le village&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nuit, &lt;i&gt;Des Hommes&lt;/i&gt;, Laurent Mauvignier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que s'ouvre la troisi&#232;me partie de livre de Laurent Mauvignier, &lt;i&gt;Des Hommes&lt;/i&gt;, qui en compte quatre. Apr&#232;s-midi, Soir, Nuit, Matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passait la nuit en Alg&#233;rie, les descentes, la famille Khemissi les a connues, &#224; Tourcoing o&#249; est n&#233; Salah en 1953, avant de partir &#8211; la nuit aussi et pr&#233;cipitamment &#8211; pour Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les souvenirs de la guerre d'Alg&#233;rie que j'ai de la guerre d'Alg&#233;rie, c'est debout la nuit, en slip, les mains en l'air, les cris&#8230; &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que d&#233;bute le t&#233;moignage de Salah Khemissi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis comme un bateau qui tangue entre deux mondes, les militants qui nous accueillent et les gens qui nous insultent. &#187; dit-il plus loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le p&#232;re de Salah est collecteur d'argent pour le FNL, comme Ali, le p&#232;re de Kamel Amrane, une autre figure dionysienne, boxeurs tous deux, de p&#232;re en fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les fonds collect&#233;s sont remis &#224; &#171; des Europ&#233;ens, &#224; des gens au-dessus de tout soup&#231;on &#187;&lt;/strong&gt; pour les transmettre au mouvement de lib&#233;ration national. Du c&#244;t&#233; de Tourcoing les allers-retours vers la Belgique se succ&#232;dent, d'autres &#171; porteurs de valises &#187; iront en Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la manifestation du 17 octobre 1961, le p&#232;re de Salah &#171; disparait &#187;. Sa femme fait &#171; une tourn&#233;e des commissariats avec Mme Paillard &#187;, m&#232;re du futur maire de Saint-Denis, Didier Paillard. La famille priv&#233;e de ressources, ce sont lors de cette p&#233;riode les cantini&#232;res de l'&#233;cole Marville qui par solidarit&#233; nourrissent la m&#232;re et ses cinq enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emprisonn&#233; &#224; Vincennes,&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=oCXH3TesRCo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un centre de r&#233;tention administrative y existe encore aujourd'hui&lt;/a&gt; &#8211; une vingtaine de jours, la lib&#233;ration du p&#232;re de Salah est assortie d'un avis d'expulsion vers &#8230; l'Alg&#233;rie (territoire fran&#231;ais !). Le d&#233;collage de l'avion &#224; Orly en sera emp&#234;ch&#233; par des militants communistes avec Auguste Gillot. C'est le retour &#224; Vincennes, o&#249; il sera tortur&#233;, avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 17 octobre 1961, on peut sur &lt;a href=&#034;https://saintdenisecologie.wordpress.com/?s=stora&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce blog&lt;/a&gt; &#233;couter Benjamin Stora qui en fait le r&#233;cit, la gen&#232;se en repla&#231;ant cette journ&#233;e dans le contexte de toute l'ann&#233;e 61.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Claudie Gillot-Dumoutier, n&#233;e en 1945 : &#171; Pour la paix en Alg&#233;rie, toute la place de la mairie, je l'ai vue noire de monde &#8230; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est avec le t&#233;moignage de Claudie Gillot-Dumoutier, (qu'on peut &#233;couter sur You Tube mais non diffus&#233; lors de la soir&#233;e) la fille d'Auguste Gillot, maire de 1944 &#224; 1971, que s'enrichie la connaissance des actions militantes men&#233;es par le parti communiste en solidarit&#233; avec les Alg&#233;riens, qu'ils soient cibl&#233;s par la r&#233;pression coloniale ou en butte aux exactions racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auguste Gillot part &#224; la recherche en octobre 1961, avant le 17 octobre, de &#171; ses concitoyens alg&#233;riens &#187; &lt;/strong&gt; disparus en prenant la t&#234;te d'une manifestation en direction du commissariat de Saint-Denis pour protester contre la pr&#233;sence et les exactions de harkis en uniforme et arm&#233;s dans la ville. Il est admonest&#233; et menac&#233; dans un courrier que lui adresse le pr&#233;fet de la Seine Jean Benedetti en poste de 1958 &#224; 1963. Quelques ann&#233;es plus t&#244;t, ils menaient pourtant l'un et l'autre, au sein de la R&#233;sistance, le m&#234;me combat contre l'occupant nazi, contre l'oppression&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur le site des archives de la ville de Saint-Denis qu'on peut retrouver &lt;a href=&#034;https://archives.saintdenis.fr/documents-du-mois/visualiser/13?vx=1252&amp;vy=-1774.5&amp;vr=0&amp;vz=3.45519&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les d&#233;lib&#233;rations et les v&#339;ux adopt&#233;s par le conseil municipal.&lt;/a&gt; On compte 41 interventions du Conseil municipal de Saint-Denis concernant l'Alg&#233;rie et les Alg&#233;riens entre 1946 et 1964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y figure entre autres un rapport en date du 15 septembre 1961 protestant contre la pr&#233;sence des Harkis &#224; Saint-Denis et les brutalit&#233;s qu'ils exercent &#224; trois reprises &#171; le 17 ao&#251;t, le 28 ao&#251;t, le 12 septembre rue du Landy, et le 3 septembre rue Brise-Echalas, p&#233;n&#233;trant chez les commer&#231;ants, fouillant et malmenant les passants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Et moi je passais ma nuit &#224; surveiller les gars qui surveillaient&#8230; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et vint le temps de l'OAS (Organisation de l'Arm&#233;e Secr&#232;te).&#171; OAS frappe o&#249; elle veut, quand elle veut, qui elle veut ! &#187; le slogan s'&#233;tale sur les murs d'Alg&#233;rie et s'exporte en m&#233;tropole. Plus de 500 attentats ont lieu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La famille Gillot habite &#224; ce moment l&#224; rue des Boucheries, la vague d'attentas &#224; la bombe de l'OAS bat son plein et le maire, communiste, est une cible potentielle.&lt;/strong&gt; Le parti met en place un syst&#232;me de surveillance dans l'&#233;cole d'en face, l'actuelle &#233;cole &#233;l&#233;mentaire Jean Vilar. Claudie Gillot-Dumoutier passera ses nuits &#224; surveiller de sa chambre donnant sur la rue si les militants post&#233;s au premier &#233;tage de l'&#233;cole veillent vraiment &#224; leur s&#233;curit&#233; ou s'ils se sont assoupis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claudie Gillot-Dumoutier fait r&#233;f&#233;rence &#224;'une petite fille. C'est en effet lors d'un attentat commis le 7 f&#233;vrier 1962 et qui vise Andr&#233; Malraux, ministre de la Culture et fid&#232;le du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, qu'est gri&#232;vement bless&#233;e Delphine Renard &#226;g&#233;e de quatre ans.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2624 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mail.blogsaintdenis.fr/local/cache-vignettes/L323xH322/delphinerenard-d862b.jpg?1768773336' width='323' height='322' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2624 '&gt;&lt;strong&gt;Delphine Renard gri&#232;vement bless&#233;e par un attentat de l'OAS qui visait Andr&#233; Malraux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'OAS c'est plus de 500 attentats qui touchent aussi bien Camille Blanc, maire d'&#201;vian, assassin&#233; le 31 mars 1961 pour avoir accept&#233; d'accueillir les n&#233;gociations de paix dans sa ville que le train Strasbourg-Paris qui fait 28 morts et 170 bless&#233;s le 18 juin 1961 ou des attentats &#224; la bombe contre la presse &#224; l'image de celui contre l'hebdomadaire &lt;i&gt;T&#233;moignage chr&#233;tien&lt;/i&gt; &#224; Paris le 28 septembre 1961.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action aux attentats de l'OAS, et au lendemain de celui du 7 f&#233;vrier &#224; l'appel des syndicats et des partis de gauche, les Parisiens se rassemblent autour de la place de la Bastille. Une charge de la police s'ach&#232;vera au m&#233;tro Charonne, faisant neuf morts.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2623 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://mail.blogsaintdenis.fr/local/cache-vignettes/L500xH295/charonne-1962-a4687.png?1768808618' width='500' height='295' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2623 '&gt;&lt;strong&gt;Au soir du 8 f&#233;vrier 1962, une charge de la police parisienne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Neuf militants. &lt;/strong&gt; Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur aux PTT, militant du PCF et de la CGT ; Fanny Dewerpe, 30 ans, st&#233;nodactylographe, militante communiste (son mari, Andr&#233; Dewerpe, militant communiste, employ&#233; &#224; &lt;i&gt;l'Humanit&#233;,&lt;/i&gt; photographe, d&#233;c&#232;de en 1954 des suites des violences polici&#232;res subies lors des manifestations de 1952 lors de la guerre de Cor&#233;e contre la venue en France du g&#233;n&#233;ral am&#233;ricain Matthew Ridgway) ; Daniel F&#233;ry, 15 ans, employ&#233; de presse, militant de la CGT et des Jeunesses communistes (une all&#233;e porte son nom dans le quartier Pleyel) ; Anne Godeau, 24 ans, agent d'exploitation aux PTT, militante du PCF et de la CGT ; Edouard Lemarchand, 40 ans, employ&#233; de presse, militant du PCF ; Suzanne Martorell, 40 ans, employ&#233; de presse, militante du PCF ; Hippolyte Pina, 58 ans, militant du PCF et de la CGT ; Maurice Pochard 48 ans, militant CGT ; - Raymond Wintengs, 44 ans, imprimeur typographe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant les accords d'Evian de mars 1962, &#224; Oran, o&#249; la population europ&#233;enne est majoritaire, deux voitures pi&#233;g&#233;es explosent dans le quartier musulman de Mdina Jdida. 78 morts et 150 bless&#233;s. Dans la m&#234;me ville ce sont entre 10 et 50 alg&#233;riens musulmans qui sont abattus chaque jour deux mois apr&#232;s les accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auguste Gillot, maire communiste, le p&#232;re de Nelly, permanent de la CGT, porteur de valises pour le FNL, les communistes qui accueillent et prot&#232;gent la famille de Monsieur Khemissi, c'est ce fil politique dionysien qui relie tous ces t&#233;moignages. &lt;/strong&gt; Enfant de r&#233;sistant, enfant d'immigr&#233;, enfant de combattant, enfant de moudjahid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il fut question aussi de Mohammed Harbi, l'historien r&#233;cemment disparu dont le parcours fut retrac&#233; par Sylvie Th&#233;nault.&lt;/strong&gt; Celui-ci rend compte de cette p&#233;riode dans une s&#233;rie de conf&#233;rences. Une de celles-ci &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=5JkxG3NPYMY&amp;t=127s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;est consacr&#233;e aux relations avec la gauche fran&#231;aise,&lt;/a&gt; une autre &#224; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ssdXnGMDT_s&amp;t=1330s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la f&#233;d&#233;ration du FLN en France et sa strat&#233;gie de lutte arm&#233;e en m&#233;tropole.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On se demande ce que seraient les t&#233;moignages d'enfants qui ont v&#233;cu cette guerre de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/strong&gt; Existent-ils ? &lt;strong&gt;Et ceux de la g&#233;n&#233;ration qui a v&#233;cu les ann&#233;es noires, victimes du terrorisme islamiste et de la dictature des militaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les t&#233;moignages sont publi&#233;s dans leur int&#233;gralit&#233; sur la chaine You Tube.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui de Nelly Angem &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=F6EckwFqPkE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici.&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui de Salah Khemissi &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=hD17DuDatOQ&amp;t=229s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui de Claudie Gillot-Dumoutier &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=18mt3nsu4Mw&amp;t=310s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PS : &lt;/strong&gt; La soci&#233;t&#233; d'histoire &#171; Saint-Denis, notre Histoire &#187; a pour objectif la transmission de la connaissance historique et le partage de l'histoire de Saint-Denis. Plusieurs th&#232;mes ont &#233;t&#233; retenus : Histoire du logement, du Stade de France, du patrimoine industriel, celui consacr&#233; &#224; la Guerre d'Alg&#233;rie sous le prisme de l'enfance &#224; Saint-Denis a &#233;t&#233; entrepris &#224; l'initiative de Yasmina B&#233;dar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : N'ayant malheureusement pu assister &#224; l'int&#233;gralit&#233; de la soir&#233;e cet article ne peut rendre compte de l'ensemble des &#233;changes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Yann Blancho, l'agent interpell&#233; sur son lieu de travail par la police municipale et plac&#233; en garde &#224; vue au commissariat d'Aubervilliers, t&#233;moigne. Que s'est-il pass&#233; le 18 novembre dernier ?</title>
		<link>https://mail.blogsaintdenis.fr/actualites/article/yann-blancho-l-agent-interpelle-sur-son-lieu-de-travail-par-la-police-municipale-et-place-en-garde-a-vue-au</link>
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		<dc:date>2026-01-11T09:00:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La R&#233;dac'</dc:creator>


		<dc:subject>Police municipale</dc:subject>
		<dc:subject>Police nationale</dc:subject>
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		<dc:subject>T&#233;moignage</dc:subject>
		<dc:subject>Management/Conflit social</dc:subject>
		<dc:subject>info Saint-Denis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis les faits survenus le 18 novembre dernier, &#8211; l'intervention de la police municipale, l'interpellation d'un agent sur son lieu de travail et son placement en garde &#224; vue &#8211; seule une version, celle du Maire, a &#233;t&#233; rendue publique. Yann Blancho a sollicit&#233; le Blog de Saint-Denis pour y apporter la sienne. Il r&#233;pond &#224; nos questions sur cet &#233;v&#233;nement qui constitue un pr&#233;c&#233;dent au sein de la collectivit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 18 novembre dernier vous &#234;tes sur votre lieu de travail, comment se d&#233;roule la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/police-municipale" rel="tag"&gt;Police municipale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/police-nationale" rel="tag"&gt;Police nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/justice" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/temoignage" rel="tag"&gt;T&#233;moignage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/management-conflit-social" rel="tag"&gt;Management/Conflit social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://mail.blogsaintdenis.fr/mot/info-saint-denis" rel="tag"&gt;info Saint-Denis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://mail.blogsaintdenis.fr/local/cache-vignettes/L150xH141/capture_d_e_cran_2026-01-10_a_18.32_31-616dd.png?1768122539' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les faits survenus le 18 novembre dernier, &#8211; l'intervention de la police municipale, l'interpellation d'un agent sur son lieu de travail et son placement en garde &#224; vue &#8211; seule une version, celle du Maire, a &#233;t&#233; rendue publique. Yann Blancho a sollicit&#233; le Blog de Saint-Denis pour y apporter la sienne. Il r&#233;pond &#224; nos questions sur cet &#233;v&#233;nement qui constitue un pr&#233;c&#233;dent au sein de la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 18 novembre dernier vous &#234;tes sur votre lieu de travail, comment se d&#233;roule la journ&#233;e, que se passe-t-il ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur mon &#233;cole, un nouveau directeur est arriv&#233; en f&#233;vrier dernier et depuis le premier jour il m'a pris en grippe me faisant comprendre qu'il n'accepterait pas qu'on n'aille pas dans son sens et que l'on remette en cause ses &#171; directives &#187;. Moi, je me bats pour garder du sens &#224; mon m&#233;tier. Je mets &#224; profit ma r&#233;flexion, mon exp&#233;rience, ma motivations, mes savoir-faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce contexte important &#224; rappeler que se d&#233;roule la situation du 18 Novembre o&#249; j'ai &#233;t&#233; interpell&#233; par la police municipale sur mon lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;roul&#233; :&lt;/strong&gt; &#224; 14H30 nous avions une r&#233;union de travail avec l'ensemble de l'&#233;quipe d'animation convoqu&#233;e par le responsable de l'Accueil De Loisirs maternel et primaire de Pleyel. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette occasion, le directeur aborde plusieurs points sur lesquels j'ai exprim&#233; mon inqui&#233;tude et mon d&#233;saccord. Notamment un point sur l'organisation de l'&#233;tude surveill&#233;e du soir. Le directeur, sans consultation pr&#233;alable, m'impose de laisser au groupe de l'&#233;tude surveill&#233;e ma salle d'activit&#233;s o&#249; j'avais l'habitude d'accueillir les enfants de la tranche d'&#226;ge dont j'ai la responsabilit&#233;. Cette salle est mon outil de travail. J'ai mis en place diff&#233;rents espace d'activit&#233;s avec leur fonctionnement, favorisant l'autonomie et la responsabilit&#233; des enfants, leur &#233;veil et leur socialisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi je suis interloqu&#233; que le directeur veuille me retirer mon outil de travail sans concertation, j'argumente alors sur le fait qu'il y a d'autres locaux disponibles dans cette grande &#233;cole, et que ma salle n'est pas adapt&#233;e pour une &#233;tude scolaire. En r&#233;ponse, il me dit : &#171; Ce sont mes directives, c'est comme &#231;a, c'est pas autrement. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme j'insiste, deux autres coll&#232;gues me font comprendre qu'il faut avancer dans la r&#233;union. J'ai alors abord&#233; une autre difficult&#233; rencontr&#233;e le jour m&#234;me avec l'une d'entre elles. &lt;br class='autobr' /&gt;
La coll&#232;gue me demande de ne plus dire son nom ce &#224; quoi je lui r&#233;ponds que nous travaillons en &#233;quipe et que je n'ai pas d'autre choix que de l'appeler par son pr&#233;nom pour communiquer avec elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ton est mont&#233; mais le directeur n'est pas intervenu. Apr&#232;s 40 minutes, le directeur a lev&#233; la r&#233;union. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis tr&#232;s affect&#233; par ce qui vient de se d&#233;rouler. A ce moment-l&#224; j'&#233;cris un sms &#224; la directrice g&#233;n&#233;rale des ADL pour lui d&#233;clarer que je serai en gr&#232;ve le lendemain, refusant cette m&#233;thode brutale d'imposition de d&#233;cision par le directeur de l'ADL.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;cide d'aller faire un tour en dehors de l'&#233;tablissement scolaire pour r&#233;fl&#233;chir et retrouver de la s&#233;r&#233;nit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant, je vois par la fen&#234;tre ext&#233;rieure du bureau que le directeur, l'adjointe et une autre animatrice se moquent de moi en rigolant et en me regardant avec insistance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me suis approch&#233; de la fen&#234;tre et par des signes je leur ai demand&#233; pourquoi ils rigolaient. Me sentant humili&#233;, j'ai voulu me rendre dans le bureau pour discuter. La porte &#233;tait ferm&#233;e mais par le hublot j'ai constat&#233; qu'il continuait &#224; se moquer de moi. J'ai pr&#233;f&#233;r&#233; partir. &lt;br class='autobr' /&gt;
En revenant &#224; 16h15, la m&#234;me sc&#232;ne se produit, la porte du bureau toujours ferm&#233;e avec les trois coll&#232;gues qui se moquent de moi. Je retrouve un autre coll&#232;gue dans la salle des six ans avant l'accueil pr&#233;vu des enfants &#224; 16h30. Nous &#233;tions en train de discuter quand quatre policiers municipaux font irruption dans la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La police municipale se pr&#233;sente &#224; vous. Que vous disent-ils ? Combien sont-ils ? Et vous, que leur dites-vous ? Que vous r&#233;pondent-ils ? Que se passe-t-il lors de votre d&#233;part ? Savez-vous o&#249; vous allez ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils arrivent par les diff&#233;rentes entr&#233;es de la salle. Une des polici&#232;res se dirige directement vers mon coll&#232;gue et lui demande : &#171; Est-ce que c'est vous monsieur Blancho ? &#187;. Je me signale. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est tr&#232;s intimidant de voir 4 policiers d&#233;barquer comme &#231;a dans une &#233;cole, sans raison apparente et alors que les enfants s'appr&#234;tent &#224; arriver. &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois des policiers se postent autour de moi. L'une d'entre eux m'informe que le directeur du centre les a appel&#233; et qu'il m'accuse d'avoir eu un comportement mena&#231;ant et violent &#224; son &#233;gard et envers d'autres coll&#232;gues. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je leur signale que je suis tr&#232;s calme, ce qu'ils pouvaient le constater par eux-m&#234;mes, et que nous &#233;tions sur le point d'accueillir les enfants qui arrivent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je leur ai demand&#233; si j'&#233;tais en &#233;tat d'arrestation, et donc dans le cas contraire si je pouvais retourner &#224; mon travail, une polici&#232;re m'a intim&#233; l'ordre de ne pas bouger et m'a demand&#233; si je voulais, en leur pr&#233;sence, &#233;couter ce que le Directeur avait &#224; me dire. Je leur ai r&#233;pondu que je n'avais pas besoin de la pr&#233;sence de la police municipale pour discuter avec mon directeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'adjointe du centre de loisirs est venu chercher mon coll&#232;gue lui signifiant qu'il fallait accueillir les enfants dans la salle d'&#224; c&#244;t&#233;. J'explique mon incompr&#233;hension aux policiers. L'une d'entre eux, m'ordonne de me taire en me disant : &#171; Vous dites que de la merde &#187;. Je comprends que le dialogue et impossible et je me tais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils m'expliquent qu'ils vont m'emmener au commissariat pour d&#233;poser une main courante et devant leur d&#233;termination intimidante &#224; m'embarquer, je n'oppose aucune r&#233;sistance. Un des policiers en me prenant par le bras me pince tr&#232;s fort et je suis sorti de l'&#233;cole encadr&#233; par les quatre policiers &#224; la vue de tous mes coll&#232;gues, enfants et enseignants. J'&#233;tais humili&#233;. J'ai ensuite &#233;t&#233; amen&#233; au commissariat d'Aubervilliers, alors que c'est la police municipale de Saint-Denis qui m'a interpell&#233;. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A votre arriv&#233;e que vous est-il dit ? Qui voyez vous ? Que vous dit-on ? Que se passe-t-il ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'arriv&#233;e au commissariat d'Aubervilliers, j'ai &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; un officier de police judiciaire qui m'apprend que je vais &#234;tre plac&#233; en garde &#224; vue. Il m'a demand&#233; : &#171; Est-ce que je voulais voir un avocat ? &#187;, je r&#233;ponds oui ; &#171; Est-ce que je voulais voir un m&#233;decin ? &#187; je r&#233;ponds oui ; &#171; Est-ce que je voulais t&#233;l&#233;phoner pour pr&#233;venir quelqu'un ? &#187;, je r&#233;ponds non. Je pensais &#224; ce moment-l&#224; que la proc&#233;dure me permettrait de rentrer chez moi, mais non j'ai &#233;t&#233; plac&#233; en cellule. J'ai pass&#233; la nuit dans l'incompr&#233;hension totale de ce qui venait de m'arriver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de la prise d'empreintes par les policiers, il m'ont dissuad&#233; de faire appel &#224; un avocat commis d'office pr&#233;textant qu'il n'&#233;tait l&#224; que pour prendre de l'argent et qu'il ne s'occuperait pas de moi. Sachant que je n'avais rien &#224; me reprocher, j'ai accept&#233; pour raccourcir la proc&#233;dure et sortir le plus t&#244;t possible de cet enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, un officier m'a appris qu'une plainte a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; par le directeur pour : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; outrage &#224; personne d&#233;positaire de la fonction publique &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; menace et comportement violent
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; injure &#224; caract&#232;re homophobe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai ensuite &#233;t&#233; inform&#233; que le procureur retient contre moi les propos homophobes et que je dois payer une indemnisation de 150 euros au profit d'une association d'aide aux victimes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, tout ce qu'on me reproche est faux, je n'ai pas cess&#233; de le dire aux policiers durant ma garde &#224; vue et mon audition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que se passe-t-il apr&#232;s votre sortie du commissariat ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je sors je suis d&#233;boussol&#233;. Je t&#233;l&#233;phone &#224; un camarade du syndicat SNUTER-FSU qui est stup&#233;fait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis, je ne dors presque pas. Je suis tr&#232;s mal. Le lendemain je cogite, je me demande : comment expliquer aux enfants ce qui m'est arriv&#233; ? Quel va &#234;tre l'accueil des coll&#232;gues et les enseignants de l'&#233;cole ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et apr&#232;s ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeudi 20 Novembre, je me pr&#233;sente sur mon lieu de travail o&#249; je suis accueilli par la responsable adjointe qui me dit qu'elle a re&#231;u la consigne de me demander de me rendre au central de la direction de l'enfance. Je reprend contact avec mon camarade du syndicat qui me conseille de demander &#224; &#234;tre accompagn&#233; d'un repr&#233;sentant du syndicat. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en informe l'adjointe qui prend contact avec la directrice du service Accueil De Loisirs. Celle-ci me dit par t&#233;l&#233;phone que je suis plac&#233; en suspension fonctionnelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je re&#231;ois ensuite ma lettre de suspension fonctionnelle par mail, avec interdiction de me rendre sur mon lieu de travail et de prendre contact avec mes coll&#232;gues le temps de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis j'ai re&#231;u le soutien de plusieurs des syndicats qui ont organis&#233; un rassemblement des agents de la ville notamment contre l'intervention polici&#232;re dans les &#233;coles et le placement en garde &#224; vue d'un agent suite &#224; un d&#233;saccord professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre apr&#232;s-midi je suis convoqu&#233; au TGI de Bobigny o&#249; je rencontre l'adjointe du procureur. J'ai pu expliquer &#224; celle-ci que le directeur qui avait port&#233; plainte contre moi et appelait la police m'avais pris en grippe depuis le d&#233;but. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui donnais la version des faits tel que je les avais v&#233;cus. J'ai fait part de ma carri&#232;re, des motivations qui m'ont amen&#233; &#224; choisir et exercer la profession d'animateur et des combats que j'ai men&#233;s pour la reconnaissance de ce m&#233;tier notamment dans la fonction publique territoriale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle m'annon&#231;ait qu'elle ne retenait aucune accusation contre moi mais que j'aurai tout de m&#234;me une somme de 150 euros &#224; verser &#224; l'association d'aide aux victimes du 93. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai d&#251; verser alors une indemnit&#233;. On m'a interpell&#233; dans des conditions humiliantes, j'ai pass&#233; la nuit en garde &#224; vue, je suis suspendu, et en plus on m'a contraint &#224; payer 150 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que mon Directeur me reproche est faux, et ne vise qu'&#224; m'&#233;carter de mon travail car il me consid&#232;re comme g&#234;nant. Pour mener &#224; bien mon &#233;viction, il m'a accus&#233; d'avoir tenu des propos homophobes, ce qui est tr&#232;s grave et outrageant quand on connait mon engagement politique sur les questions LGBT. Pour renforcer la plainte du directeur, la Directrice adjointe a confirm&#233; que j'avais tenu ce type de propos, ce qui d&#233;montre bien la connivence de la Direction pour m'&#233;vincer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin je suis choqu&#233; du contenu publi&#233; par la mairie sur les r&#233;seaux. J'ai toujours contest&#233; ce qui m'&#233;tait reproch&#233;, je ne fais l'objet d'aucune poursuite p&#233;nale, et malgr&#233; cela la mairie a relay&#233; les accusations de la Direction comme des v&#233;rit&#233;s absolues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire &lt;a href=&#034;https://www.blogsaintdenis.fr/actualites/article/stupeur-indignation-et-colere-dans-le-personnel-communal-apres-l-interpellation-d-un-agent-de-la-ville-par-la-police&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; notre article du 6 d&#233;cembre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut lire &lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Animateur-reprime-a-Saint-Denis-Ils-veulent-me-faire-taire-car-je-me-bats-pour-les-enfants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;l'article qu'a consacr&#233; &lt;i&gt;R&#233;volution Permanente&lt;/i&gt; &#224; cette affaire. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8211; Une s&#233;lection de 37 articles du Blog de Saint-Denis &#8211; parus depuis juin 2021 concernant la souffrance au travail, le management et les mobilisations du personnel de la ville de Saint-Denis et de Plaine Commune &#8211; est t&#233;l&#233;chargeable ci-dessous.&lt;/strong&gt; Chaque article est accessible d'un clic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8211; Les agent.e.s souhaitant prendre contact avec la r&#233;daction ou envoyer un t&#233;moignage peuvent &#233;crire &#224; l'adresse suivante : &lt;/strong&gt; temoignage_agent_SD@proton.me&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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